TP2 : La plaie guinéenne : le communautarisme exacerbé.

Je m’excuse auprès de tous les Guinéens pour mon accentuation sur les noms de famille dans cette tribune mais c’est ma seule façon d’expliquer et de justifier mes propositions politiques contenues dans le mémorandum et comme on le dit souvent, il faut toucher la plaie pour bien la soigner.

Cette plaie est facilement curable si nous ne la cachons pas et si nous acceptons de réfléchir ensemble et inventer une nouvelle formule qui permettra de la soigner pour s’attaquer ensuite à la corruption qui est le cancer et le vrai problème de la Guinée.

On sait par exemple que le secteur de la pêche est teinté «bleu», le commerce est teinté «vert», la fonction publique est teintée «jaune» et l’enseignement est teinté «rouge» ; l’idée est d’arriver au terme de ce projet en ayant une mixité et une égalité de chance dans tous les secteurs : que Mr Zoumanigui diplômé d’école de commerce trouve toute sa place dans le commerce, que Mme Sow s’intéresse à l’enseignement, que Mr Dioubaté trouve sa place dans la pêche et que Mme Soumah diplômée en Administration publique ait toute la chance d’être admise à la fonction publique.

Dans mes travaux, j’utilise des couleurs pour esquisser et bien faire comprendre les propositions (le bleu à la Basse-côte, le vert au Fouta, le jaune-or au Mandingue, le [tapis] rouge [déroulé] à Zaly) et pour désigner nos 4 régions naturelles et « leurs citoyens » même si on sait qu’il y a des « bleus » Guilavogui, des « verts » Condé, des « jaunes » Barry, des « rouges » Camara, des Guinéens d’origine étrangère ; c’est pourquoi cette proposition politique – loin d’être parfaite – devrait être de courte durée (pour 16 ou 32 années) et transitoire (le temps de reformer nos partis politiques, de former et de conscientiser nos compatriotes sur les choix politiques ultérieurs : voter programme, talents et non pas pour l’ethnie ou la communauté).

Le communautarisme ailleurs peut ne pas être mauvais mais chez nous, c’est un communautarisme nocif, exacerbé et dangereux qui bloque d’une part le développement de notre pays (impossibilité aux Guinéens de conjuguer le même verbe) et d’autre part, l’expose à un énorme risque de déflagration communautaro-politique : guerre civile, différends entre groupes militaires, etc.

La question est de savoir, est-ce qu’on doit continuer sur cette trajectoire ou bien nous devons mettre en place de nouvelles stratégies pour unir les Guinéens notamment par l’instauration d’une langue nationale commune (le soussou par exemple ou toute autre langue consensuelle) et en changeant les structures des partis ethno-politiques actuels, les homogénéiser et les rendre transversaux comme suggéré dans le mémorandum ?

A cause de ce phénomène tribal, certains compatriotes sont persuadés que seul le fédéralisme peut nous aider mais personnellement, je pense que le fédéralisme pourrait être dangereux comme je l’explique  dans le mémo.

Après les « 16 ou 32 années d’entraînement », nous pourrions avoir un pays paisible, « développable » et « un président national » élu, légitime, accepté et aidé de tous en fonction du programme de société et non pas pour des raisons communautaires sinon pourquoi continuer de voter si on sait que c’est « un vert » (bon ou mauvais) ou « le parti vert » qui va gagner le vote au Fouta ; c’est « un jaune-or » (bon ou mauvais) ou « le parti jaune-or » qui va gagner dans le Mandingue et même chose en Basse-côte et Zaly ?

De toute évidence, la démocratie à l’occidentale ne nous convient pas à 100% puisque là-bas, on ne vote pas pour son parent ou pour sa communauté mais suite à des débats contradictoires de haut niveau.

Le « système quatuor » est la formule qui nous conviendrait pour un début : le temps de convaincre le Guinéen de ne pas élire son fils devant celui de son voisin si ce dernier est meilleur pour le bien de notre pays.

Ceux qui pensent le contraire doivent bien analyser ces échanges où les uns ne se fient qu’à leurs parents et les autres appellent à la solidarité communautaire ; sur les réseaux sociaux, pullulent des groupes communautaires et dans la diaspora, on voit plusieurs groupes ethnico-politiques se constituer : ceux de Zaly forment des groupes entre eux, ceux du Mandingue et du Fouta se tiraillent sur presque tous les sujets et ceux de la Basse-côte « défendent leur territoire ».

Il nous faut un « temps mort », mettre la « balle à terre » pour sensibiliser tout le monde sur l’intérêt de l’unité, de la cohésion et rapprocher définitivement les parties.

On a là, chers compatriotes, le 2ème problème de notre pays (après celui de la corruption), soit on résout le problème pour aller vers le développement, soit on fait l’autruche et on continue de tourner en rond pour encore plusieurs malheureuses décennies.

Résolvons ce problème et ne le léguons pas à nos petits-enfants !

Encore une fois, je m’excuse auprès de tous pour mon accentuation sur les noms de famille dans cette tribune puisqu’on sait tous que le nom ne suffit pas pour identifier ou catégoriser un individu…

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