
Ailleurs :
Dans le cadre des recensements et de la sécurisation des fichiers des citoyens, certains pays ambitieux sont déjà sur la forme de l’oreille ou la thermographie faciale, la reconnaissance digitale (doigt), faciale, vocale, palmaire (paume) ou celle de l’iris, et de l’ADN. Avec plusieurs systèmes combinés, nous augmenterions la sécurité de nos futurs documents d’identité.
A l’instar des pays développés qui identifient efficacement leurs citoyens très souvent avec un numéro de sécurité sociale, certains pays émergents enrôlent également leurs populations pour de finalité de biométrie, c’est le cas par exemple :
- En Inde, le gouvernement à travers l’UIDAI (Unique Identification Authority of India), a lancé le plus ambitieux programme d’identité numérique au monde basé sur la multi biométrie. Démarré en septembre 2010, il a réussi à atteindre en à peine 6 ans le nombre d’un milliard d’identité digitales créées le 1er avril 2016.
En attribuant à chaque résident indien un numéro d’identification unique à douze chiffres, associé à trois de ses données biométriques -empreintes digitales, iris et visage-, le programme Aadhaar permet à tous d’accéder au droit fondamental de sa reconnaissance par le gouvernement indien.
Cette identité ouvre également un accès à des services illimités ; aides sociales, soins médicaux, services bancaires, etc. (gouvernance.news) - Au Gabon, le Ministère de l’Intérieur a lancé en coordination avec l’Agence Nationale des Infrastructures Numériques et des Fréquences (ANINF), un programme d’identification biométrique connu sous le nom IBOGA (Identification Biométrique Officielle au GAbon). Le but d’IBOGA est de moderniser l’Etat Civil et de fiabiliser le fichier électoral et les documents d’identité du pays. Les données d’IBOGA serviront à constituer un registre maitre, base pour la mise en place d’un centre national d’état civil, la délivrance de documents authentiques et de nouveaux documents d’identité sécurisés, conformes aux standards internationaux. (gemalto.com)
- Au Niger, GenKey s’associe à une initiative du Gouvernement nigérien et de la Banque Mondiale pour enrôler biométriquement les agents de l’état, les étudiants boursiers et les retraités. Avec l’objectif d’améliorer notamment la gestion de carrière et la paie des fonctionnaires, l’état du Niger a lancé un ambitieux programme de création d’une base de données biométriques. La population cible comprend : les agents publics (les fonctionnaires, les contractuels, les auxiliaires, les appelés du service civique national), les retraités, les étudiants bénéficiaires de bourses et aides sociales. L’utilisation de la biométrie permettra d’assurer l’unicité des entrées dans la base de données. Une carte de fonctionnaire sera ensuite distribuée aux seuls agents de l’état. Une deuxième phase du projet sélectionnera un logiciel de gestion des ressources humaines pour l’ensemble des Ministères (SIGRH). Le projet, financé par la Banque Mondiale, est géré par une équipe dédiée à l’amélioration des performances de l’état (PCDS). (genkey.com).
- Au Cameroun, Face à l’évolution des échanges et des transactions électroniques, l’identité numérique offre justement aux citoyens des moyens d’identification modernes, qui leur permettent d’accéder à des services en ligne, de façon sécurisée et simple, et dans le respect de leur vie privée. Ces garanties ne peuvent que contribuer à dynamiser le secteur public, grâce aux services qu’il est ainsi en mesure de procurer (eGouvernement), et, pour le secteur privé, à renforcer sa compétitivité. Au-delà du bond technologique vers plus de sécurité et de protection de l’identité qu’elle représente, la sécurisation de l’état civil permet donc au Cameroun d’ouvrir la porte à une économie numérique de confiance sur laquelle il peut s’appuyer. Elle contribue ainsi au développement économique et social, et à la compétitivité du pays pour un plus grand rayonnement national et international. (thalesgroup.com).
- Une multitude d’acteurs nationaux et internationaux s’appuient donc désormais sur les nouvelles technologies pour promouvoir l’inclusion sociale par l’identification légale. Par-delà les enjeux électoraux et de développement, l’objectif affirmé est de doter chacun d’un identifiant biométrique unique, infalsifiable, et de rationaliser les registres de population, en intégrant notamment les registres d’état civil et ceux de l’identification, historiquement séparés et gérés par des administrations aux logiques différentes, voire opposées : définir et assurer des droits d’un côté ; surveiller et punir de l’autre. La biométrisation des sociétés va donc aussi de pair avec une importante réforme des services de l’État en charge de l’enregistrement des personnes : conformément aux canons de la Banque mondiale, les réformes engagées vont dans le sens de la création d’agences autonomes d’identification, autofinancées et plus ou moins indépendantes de leurs tutelles ministérielles, comme la Nida au Rwanda, la Nira en Ouganda ou l’ONI en Côte d’Ivoire. Ce énième processus d’« agencification » n’est pas anodin. Derrière l’argument de rationalisation administrative se cache de fait une petite révolution politico-biométrique qui ne bouleverse pas seulement les équilibres institutionnels de « l’écosystème identitaire », mais aussi les principes mêmes de l’authentification et de la véridiction des identités, jusqu’alors fondés sur les logiques de l’état civil et de l’État documentaire. (cairn.info).
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